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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 20:23
Je disparais, d'Arne Lygre..

C'était à Paris au théâtre de la Colline au début du mois, et il ne disparaît pas ce magnifique spectacle. Alors, pour une fois hors actualité parisienne et après tout le monde, dire.  L'histoire est celle d'un déchirement et d'une lutte. Deux femmes sont brusquement obligées de s'exiler, de partir  pour l'inconnu avec une petite valise et elles sont dans la peur. L'une devait partir avec sa fille, l'autre avec son mari, ni l'un ni l'autre ne viendront et elles affrontent seules, ensemble et séparées, ce gouffre au bord duquel elles sont. Et pour le conjurer peut-être ou parce qu'on fait toujours cela sans en prendre conscience, elles inventent d'autres personnages, d'autres situations, qui sont les leurs aussi mais autrement dites, autrement pensées, si autrement dites et pensées qu'elles sont autres. Et se tressent intimement, ces autres, à leur réalité terrifiante.

 

Ce texte à la fois multiple et simple, offert par des des comédiens noués à lui dans un décor

qui leur laisse toute la place s'ancre dans la mémoire comme une mystérieuse évidence.

Arne Lygre est un écrivain contemporain norvégien que l'on connait peu encore en  France.On trouve Je disparais dans cette très belle traduction d'Eloi Recoing aux éditions de l'Arche.

Le spectacle tourne maintenant. Il sera du 10 au 13 janvier au Théâtre National de Bordeaux et du 24 au 28 janvier au TNP de Villeurbanne. Après, je ne sais pas.

Mais on pourra voir une autre pièce d'Arne Lygre montée par Stéphane Braunschweig au Théâtre de la Colline: Jours souterrains du 8 au 13 février.

Je disparais. Mise en scène Stéphane Braunschweig, avec Irina Dalle, Alain Libolt, Annie Mercier, Luce Mouchel.

 

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 10:36

audiberti_dessin2.jpg  Jacques Audiberti ( Antibes 1899 - Paris 1965) cet auteur qui célèbre le langage avec une telle véhémence et la pensée avec tant  d'imagination, cet auteur subjugant dont il faudrait tout lire - le théâtre, les romans et la poésie, soit plus d'une cinquantaine de livres et d'innombrables textes en revues... L'écrivain des contradictions fécondes, à la fois dyonisiaque et inventeur de l'Abhumanisme...Jacques Audiberti dont il faudra bien qu'un jour tous les livres sortent en poche et que la Pléiade soit faite ... Jacques Audiberti peignait et dessinait aussi, la chose est moins connue bien que de son vivant plusieurs galeries l'ait exposé.

  On pourra voir de ses dessins, peintures et manuscrits à partir du 18 novembre au centre d'Art et de Culture - 15 Boulevard des Nations Unies, à Meudon (92)

Merci à Marie-Louise Audiberti, pour cette information. 

                                            

" Enfant, avec la mère de mon père(...) j'avais pris une crevette. Elles ont, ces bêtes, leurs bras pour cheveux. J e me suis mis à la manger vivante. C'était mon devoir. C'était mon plaisir. Mais j'avais compté sans elle, sans ma crevette, sans le tendre bruit craquant, sous mes dents, de son corselet de fillette, et ce bruit craquant, le chant de son agonie et de ma cruauté, me fit tant d'horreur que je crachai, dans les eaux  basses devant le fort, la  crevette mordue, en la priant d'avoir pitié de moi, pitié d'elle."  Jacques Audiberti. In La Nâ.

                                                                              

Claude Nougaro Chanson pour le maçon.

 
 

   

 

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 14:00

rose.jpg   La petite Catherine de Heilbronn de Heinrich Von Kleist est l'histoire de l'amour fou qu'éprouve une jeune Catherine roturière pour un sombre et tourmenté comte Von Strahl.    Amour absolu, sans explication possible,  d'une jeune fille qui, dit Eloi Recoing,  par la mise à nu de tout son être finira par s'emparer de celui qui se croyait le Maître, l'amenant à reconnaître dans la petite Catherine de Heilbronn la basse continue de sa vie. 

 "La rose est sans pourquoi - Fleurit parce qu’elle fleurit " dit Catherine - ce que Gertrud Stein, le sachant ou non, radicalisera deux siècles plus tard.

Eloi Recoing, co-traducteur de cette pièce aux éditions Actes-Sud, en fait actuellement une adaptation pour acteurs, marionnettes et violoncelle  qu'il a appelée Käthchen mon amour et dont l'esquisse sera rendue publique les 13 et 14 décembre au Théâtre aux mains nues

 Avant cela, à la MPAA Saint-Blaise les 26 et 27 novembre, on pourra suivre avec lui un stage pratique et théorique  à partir de l'essai de Kleist sur le théâtre de marionnette*.

 

*Lire Jacques Sivan à propos de cet essai

 

Théâtre aux mains nues - 7 Square des Cardeurs - 75020 - Paris.

Réservations 01 43 72 60 28

Maison des Pratiques Amateurs - MPAA - 37-39 rue Saint-Blaise - 75020 - Paris - Tel. 01 46 34 73 47

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 20:10

M4 Baroufs photo affiche   Sans doute pour complaire à son père, Carlo Goldoni ( 1707 Venise - 1793 Paris)  fut juge de paix à Chioggia avant de commencer une carrière d'homme de théâtre et de devenir ce que l'on appellera plus tard "le père de la comédie moderne  italienne". Ile de la lagune de Venise, Chioggia est une petite ville et un port; au 18 ème siècle on ne s'y agitait qu'en dialecte vénitien. A la fin de sa vie, Goldoni s'en souviendra et écrira en vénitien une série de pièces inspirées de cette expérience.

  Barouf à Chioggia ( Originellement Le baruffe chiozzotte)  fait partie de ces pièces. On peut le voir au Théâtre de l'Ouest Parisien et c'est une recommandation.

Le barouf est celui que font autour des hommes les femmes et les jeunes filles en âge d'être mariées,  tout autant par rivalité réelle que pour s'amuser - Les hommes, eux, braves pêcheurs pour la plupart, n'y comprenant pas grand chose s'en mêlent maladroitement et mettent les pieds dans le plat et la main au couteau pour un oui pour un non.

 C'est du scherzo, de la pure comédie, servie par une superbe et nouvelle traduction* de Jean-Paul Manganaro qui met dans la bouche de comédiens au jeu habile et généreux une langue drôle, bigarrée, imagée et diablement rythmée.

Frédéric Maragnani fait jouer par une femme le rôle du juge devant lequel tout ce barouf atterrit et ce choix entraine comme une intemporalité qui participe largement du réjouissement.

 

* A sortir sans doute aux éditions l'Avant-Scène.

 

Baroufs - Barouf à Chioggia.

Mise en scène Frédéric Maragnani.Avec LESLIE BOUCHET, BARTHOLOMEW BOUTELLIS, JEAN-PAUL DIAS, KARL EBERHARD, CHRISTINE GAGNIEUX, MARION LÉCRIVAIN, TOM LINTON, ROBERTO MAGALHAES

AMÉLIE JALLIET, CRYSTAL SHEPHERD-CROSS, ET PHILIPPE VIEUX (génial..)


On rappelle que le TOP offre des réductions à l'Hippocampe associé sur présentation de la carte.

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 16:12

  Hervé Mestron fait des romans avec de la musique, c'est son thème. Son héros est toujours un musicien, voilà, tout le monde le sait maintenant

Quand il écrit "pour la jeunesse" il s'agit de musique et c'est beau, tendre, instruit et souvent mélancolique.

Quand il écrit "pour les adultes" il s'agit de musique, c'est instruit et souvent follement drôle.

C'est le cas des quatre petits livres qu'il vient de publier aux éditions Symétrie et qui constituent le début d'une série intitulée "Le Musicos".

  Drôle et drôlement affuté le regard que ce musicien solitaire qui s'en va jouer aux quatre coins où l'envoie son imprésario porte sur les lieux et les gens. Très drôle la relation amoureuse qu'il a avec Denise, sa contrebasse, avec laquelle il dort. Follement drôle sa façon de se jeter tous fantasmes en avant - fantasmes de mariage, de pantoufles et pot-au-feu - sur chaque femme qu'il rencontre et qui n'en peut mais.

 Villa Marguerite, qui fait écho au séjour en résidence de l'auteur à la Villa Marguerite Yourcenar et qu'il nous décrivait ici est particulièrement savoureux, mais les trois autres sont au moins aussi drôles.

 

Les livres de la série "Le Musicos" coûtent chacun 9,80 euros. Editions Symétrie.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 09:15

 Les éditions Motus continuent à faire des livres ravissants.

Trois nouveaux  "Mouchoirs de poche" viennent de sortir:

CoMotus-ph1.jpgeur de lierre de Michel Besnier, dérive et s'entortille très graphiquement autour du lierre lequel cache un rat qui cache un chat et meurt où il s'attache.

Je suis venu tout seul, de Nicole Dedonder, suit pas à pas, geste après geste, saison après saison, le deuil d'un frêre que doit faire un petit garçon jusqu'à ce qu'il soit un homme.

Une petite heure perdue, de Nathalie Hense, c'est celle de l'attente dans un l'ennui désespéré, une heure à ne rien faire, de celles, indispensables, où se déploie l'imaginaire dans l'esprit des enfants.

Petites perfections ciselées de 15 pages chacune, impression blanche sur fond noir glacé, une touche de rouge parfois ou de vert, ces livres, comme presque toujours chez Motus sont exigeants et libres.

Auteur lui-même, publié chez lui et chez d'autres, Francois David qui anime cette maison d'édition depuis 1988 dit "les livres que j'ai envie d'écrire ou de publier sont de ceux qu'on a du mal à ranger". Autrement dit, de laCoeur_de_lierre_Lekti_INT2-c6bfb.jpg littérature et pas mal d'art. Difficile à ranger donc pour le libraire, car il faudrait les mettre à la fois sur les rayons "jeunesse" - et même parfois pas vraiment sur ces rayons-là - et ...ailleurs, là où tout simplement ça inspire et respire l'intelligence.

 

Les "Mouchoirs de poche" coûtent tous 4,50 euros.

Les éditions Motus sont installées dans la presqu'île du Cotentin.

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 11:59

   Son-corps-extreme.jpg Le 25 juillet dernier Régine Detambel donnait lecture du début de son dernier livre et répondait à quelques questions dans l'émission de France-Culture "Les bonnes feuilles". On peut encore l'entendre ici et c'est très agréable. D'abord parce qu'elle a une jolie voix et puis parce  qu'elle livre minutieusement des bribes, de petits éléments de la fabrication d'un livre, celui-là en tous cas et ce n'est pas un hasard.

 Si on ne l'entend pas, ce début, voici:  une nuit d'été un groupe d'hommes immigrés qui travaillent à faire une route aux abords d'une ville sous une pluie d'étoiles filantes qui les étonne et les effraye voient soudain apparaître une biche, puis son faon et, quelques temps après, une voiture qui s'écrase sur un poteau et s'enflamme. Chacun d'eux pourrait être le héros du roman et pourtant non nous ne les verrons plus, mais les sentiments qu'ils ont éprouvé durant  la nuit ne nous quitteront pas.

  L'héroïne c'est la femme qui s'est écrasée, Alice, un nom doux et lisse comme un conte pour un corps fracassé mais pas mort qu'il va s'agir de reconstruire dès la fin du coma. Et pas seulement le corps. Dans le coma et le long de sa lente sortie se fait jour un esprit fragmenté tout autant que le corps qui l'abrite, morcelé, plein de vides et de gouffres hérités d'autres vides jamais compris, jamais comblés. Une reconstruction n'ira pas sans l'autre, Régine Detambel avec la science du corps et du psychisme que l'on lui connait mène les deux pas à pas, lucidement, à terme. Et le terme de l'histoire est un feu,  comme l'avait été le début.

  Son corps extrême est chez les libraires depuis quelques jours, il est paru chez Actes Sud.


A propos de ce livre, lire aussi de Régine Detambel sur son site De la guérison comme moteur romanesque.

Rencontres prévues le 7 octobre à la librairie Jonas, Paris 13 ème et le 9 octobre à la librairie du 104, Paris 19 ème

 


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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 23:30

 

Affichefinale-1t’as vendu tes os

  t’as vendu ta peau

   t’as vendu tes yeux

    t’as vendu tes seins

     t’as vendu tes hanches

      t’as vendu tes jambes……… »

 

 Quand tout se vend, communique,  se représente,  où est ailleurs ? Où est-on soi-même ?Comment se rejoindre ?  Trouver sa parole, la prendre. Trouver sa langue. Va t-on trouver le vide, y tomber ? 

 

  Invités en résidence  cet été par les Boites à Culture de Bouchemaine près d'Angers, le collectif Platok a travaillé  au bord de la Loire, de ce travail est sorti " On air " *,   présenté en novembre à Bouchemaine pour la première fois , puis au Studio-Théâtre de Montreuil, en Seine-Saint-Denis.

Ecrite  à partir des improvisations des comédiens, la pièce est dite, dansée, et chantée.


Elle se donnera encore mardi 14 décembre à 20h au Centre Wallonie-Bruxelles - 46 rue Quincampoix à Paris 4 ème.

C'est une recommandation de l'Hippocampe.

 Il y a encore quelques places, il faut réserver sur platok [@] live.fr

 

*  "On air" est ce qui s'affiche à la porte d'un studio lorsqu'un enregistrement ou un tournage est en cours.

  Ecriture et mise en scène  Lisa Delgado,  avec Léa Alazraki, Elisa Lécuru, Nicolaï Larochenko, Alice May. Musiques Vladimir Mejstelman. Chorégraphie Florence Pia.

 

 

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 22:00

  Sous un masque  de naïf braqueur et dans son corps de korrigan Jean-Claude Fernandez est l'enfant Pablo Zàni qui Jean-Claude Fernandez, Alain Trétout, Lise Martin, Eve Lorach en lecture à l'Ogresse au Diwan de l'Hippocampeenvoie bouler aux quatre coins de la scène toutes les injustices, bêtises, incohérences - et  la bouffe infecte de la cantine par dessus le marché - d'une école de cité qui fait ce qu'elle peut c'est-à-dire pas grand chose - et ,  partagé entre l'illusion glorieuse et mafieuse que lui font miroiter son frêre et son père "en voyage " et  la sagesse érudite de l'ange  "monsieur Lévy ", danse ses contradictions.

  Simplement et justement mis en scène par Alain Trétout,  tout en finesse et en ellipse il porte le public sans cesse du rire aux larmes comme il passe lui, l'enfant seul et débordant de vie, sans cesse de l'ironie révoltée au désarroi.

 Entre nos rires et ses larmes montantes, n'échappera à personne la dimension critique du texte, la question qu'il pose sur une école qui si sytématiquement manque à pallier les failles sociales et à guider les enfants les plus fragiles.

" Pablo Zàni à l'école " une pièce de Lise Martin jouée par Jean-Claude Fernandez et mise en scène par Alain Trétout, se donne jusqu'au 7 novembre au Théâtre Daniel Sorano de Vincennes. Métro Château de Vincennes. Réservations 01 43 74 73 74

Nota bene: une place supplémentaire sera offerte à ceux qui apporteront une photo de classe datée.

  Lire aussi sur Pablo Zàni Philippe Delhumeau dans La théâtrothèque

La pièce Pablo Zàni sera en librairie dans les jours qui viennent, éditions Lansman

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