L'association L'Hippocampe associé favorise les pratiques culturelles dans la cité et la fréquentation des créateurs et des oeuvres. Elle constitue un lieu-ressource pour les acteurs culturels ainsi que pour les écrivains et artistes.
L’EXPRESSION DU JOUR : " ALLER À CANOSSA"
Il y a une géographie précise des expressions et des locutions qui fait que le choix d’une destination n’est pas seulement une affaire de tourisme. Prenez Canossa, par exemple, c’est un village d’Italie, dans les Apennins. L’empereur allemand Henri IV s’y rendit en janvier 1077, ça ne nous rajeunit pas, et y resta 3 jours pieds nus dans la neige, à attendre que le pape Grégoire VII veuille bien le recevoir et lever son excommunication. Cette humiliation de l’empereur allemand laissa un souvenir si cuisant que naquit l’expression « aller à Canossa » qui s’emploie encore pour dire que quelqu’un a fait amende honorable, qu’il s’est humilié devant l’adversaire ». Bismarck en 1872, pour marquer qu’il ne céderait pas aux catholiques, s’écria devant le Reichstag : « Nous n’irons pas à Canossa ». Puis Alphonse Daudet mit dans la bouche de Gambetta le verbe « canosser », une invention à lui : « Je n’irai canosser, la corde au cou, le cierge à la main, ni à Berlin, ni à Rome. »
Aller à Cracovie, c’était dans l’argot ancien, mentir, raconter des craques et un grand nombre d’expressions furent construites sur ce genre de calembours.
Aller à Angouleme, c’était avaler de l’ancien français engouler, mettre en sa gueule, aller à Cachan, se cacher, aller à Crevant (mourir, ça va de soi), aller à Versailles, verser, aller à Dormillon, dormir. Envoyer en Cornouailles, c’est faire porter des cornes à quelqu’un.
Parmi les plus célèbres destinations figure Niort. Car celui qui va à Niort, c’est celui qui nie. Prenez le chemin de Niort, conseille Clément Marot.
François Villon disait Aller à Montpipeau pour « tricher au jeu à coups de dés pipés » et cela fait mille itinéraires pour dire en somme qu’on va au diable.
Régine Detambel